"Vous savez, Alger, la nuit, c’est un vaste terrain de jeux que mes camarades d’alors et moi-même, nous nous faisions une joie d’explorer en compagnie de quelques chats malingres. Nous avons ainsi épousé chaque bosse, chaque route, chaque graffiti de cette ville." Le Sixième Œuf, Alger, quand la ville dort. Barzakh 2010
mardi 28 octobre 2014
dimanche 26 octobre 2014
L’écume des jours
Il y a un mois, j’ai fait un retour express à Alger. Je devais revenir. Ce retour, je l’ai repoussé le plus possible mais je ne pouvais pas attendre plus longtemps. J’ai donc machinalement effectué les actions nécessaires : congé – réservation de billet – sac de voyage – RER B direction Aéroport Charles de Gaulle – Passeport et titre de séjour – enregistrement – sécurité – avion.
Et puis : atterrir à Alger, voir mes fantastiques qui n’étaient
plus quatre mais trois. Et enfin, réaliser.
Il y a un an, un nénuphar s’est installé dans le corps d’une
fantastique. Comme c'était la plus fantastique d'entre nous, elle s’est battue de manière vaillante. Elle a rassuré chacun d'entre nous. Elle a été forte pour nous. Elle a veillé sur nous.
Le nénuphar a été le plus fort. Les nénuphars sont toujours les plus forts.
Depuis, nous voyons notre amie partout. Dans les nuages qui prennent la forme de son sourire, dans les feuilles des arbres qui s’agitent sur notre passage, dans le brouhaha de la foule, dans les défauts et les qualités de chacun d’entre nous.
Il y a un mois, j’ai fait un retour express à Alger. Il me
fallait m’assurer qu’on ne m’avait rien caché. Qu’elle avait réellement
disparu. On ne sait jamais. Il me fallait vérifier par moi-même.
Aujourd’hui, il nous reste les souvenirs de toutes les pizzas
partagées en face de la Fac Centrale d’Alger, les fous rires dans les
escaliers, les secrets chuchotés au milieu de la nuit dans nos chambres d’adolescentes,
les coups de gueules, les grands projets…
Il nous reste toute une vie à construire sans elle.
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